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La terre nous est étroite. Elle nous accule dans le dernier défilé et nous nous dévêtons de nos membres pour passer. Et la terre nous pressure. Que ne sommes-nous son blé, pour mourir et ressusciter. Que n'est-elle notre mère Pour compatir avec nous. Que ne sommes-nous les images des rochers que notre rêve portera, Miroirs. Nous avons vu les visages de ceux que le dernier parmi nous tuera dans la dernière défense de l'âme. Nous avons pleuré la fête de leurs enfants et nous avons les visages de ceux qui précipiteront nos enfants Par les fenêtres de cet espace dernier, miroirs polis par notre étoile. Où irons-nous, après l'ultime frontière? Où partent les oiseaux, après le dernier Ciel? Où s'endorment les plantes, après le dernier vent? Nous écrirons nos noms avec la vapeur Carmine, nous trancherons la main au chant afin que notre chair le complète. Ici, nous mourrons. Ici, dans le dernier défilé. Ici ou ici, et un olivier montera de Notre sang.
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Je pleure la Palestine Les enfants de Gaza et de Jénine Que chaque jour on assassine Oui c'est en Palestine Que fleurissent les linceuls Et mon coeur est en deuil On tue les enfants de la pierre Et Je suis très en colère Qui assassine les enfants de Bagdad ? C'est la CIA et le MOSSAD Dieu que le monde est maussade Les américains donnent leur bénédiction Leurs armes, des munitions et leurs avions Aux sionistes pour tuer des enfants des vieillards, des femmes, des innocents A condition qu'ils soient musulmans C'est tout un peuple qu'ils affament Avec ses enfants et ses femmes Les sionistes sont des êtres infâmes C'est Gaza qu'ils privent de soins Et dont ils tuent les médecins Chaque jour ils les bombardent Même les vieux, les morts et les malades
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C’était quelques jours après Noël Une page de journal dans les chiottes D’un monde qui sent comme Gomorrhe Les ordures la bonne nourriture Un article écrit par un homme Aux mains recouvertes de cendres Nous lançait à la face l’imposture Quand les bonnes consciences racontent Que la paix allume ses loupiotes A cette époque où on suspend aux branches Des vergers des paroles de bonté Un homme seul comme Camus l’était Quand l’Espagne de Franco fêtait La bonne naissance des peuples rois Un type qui voit les chardons en pleurs Fleurir dans les yeux déjà flous Des enfants d’un peuple très ancien Dépose sur leurs paupières des mots Légers un homme qui ne peut rien Faire d’autre qu’écrire la honte Des laquais bavards aux pattes blanches " Et demain je lirai dans vos journaux… " C’était quelques jours après Noël Les peuples rois gavés fêtaient Chaque année dans les bonnes maisons Autour de toute la terre celles Où les coupes d’or sont remplies A ras bord des yeux des mômes morts Qui nous regardent comme Genet Dans les pupilles de Chatila Pétillant de milliers de feux follets Qui montent flammèches nous montrent Du doigt et errent autour de leur terre Natale et les yeux de nacre de l’homme Seul aussi l’homme qui écrit Des mots inutiles comme ceux De Garcia Lorca des bulles de vent Qui montent des lèvres de paille sèche Des enfants des peuples nègres Des peuples nus comme les ailes Des oiseaux de l’hiver couvertes De cristaux de givre couleur de sang Les ailes coupées des oiseaux montent Montent avec le cri criblé de plomb Dans la gorge des enfants remplie A ras bord de peur et d’amandes Au lait doux ruisseau de la douleur Que nous portons dans nos outres amères C’était quelques jours après Noël Une page de journal éclaire Un monde qui pue comme les chiottes De Gomorrhe Les peuples rois Echangent à Rafah les bonnes clefs Du trésor de guerre alors qu’au milieu Des ordures des flaques où s’allument Les bougies du camp de Khan Younis On ne cuit plus le pain ni le mouton Alors qu’on entend l’horizon mugir Ibrahim attend de grandir il dort Ibrahim va devenir le poète D’un peuple très ancien qui n’a plus rien Que la sépulture de plumes blanches Du premier Indien pour couvrir ses morts Avec les ailes des oiseaux coupés
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Il y a sur cette terre Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : les hésitations d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, les débuts d’un amour, de l’herbe sur des pierres, des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir. Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre, la fin de septembre, une dame qui franchit la quarantaine avec tous ses fruits, l’heure de la promenade au soleil en prison, un nuage mimant une nuée de créatures, les ovations d’un peuple pour ceux qui montent à la mort souriants et la peur qu’ont les tyrans des chansons. Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : il y a sur cette terre, le commencement des commencements, la fin des fins, On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine. Madame je mérite, parce que vous êtes ma dame, je mérite de vivre. على هذه الارض على هذه الارض ما يستحق الحياة : تردد ابريل، رائحة الخبز في الفجر، آراء امراة في الرجال، كتابات اسخيليوس، اول الحب ، عشب على حجر ، امهات تقفن على خيط ناي وخوف الغزاة من الذكريات. على هذه الارض ما يستحق الحياة : نهاية ايلول، سيدة تدخل الاربعين بكامل مشمشها، ساعة الشمس في السجن، غيم يقلد سربا من الكائنات، هتافات شعب لمن يصعدون الى حتفهم باسمين، وخوف الطغاة من الاغنيات. على هذه الارض ما يستحق الحياة : على هذه الارض سيدة الارض، ام البدايات، ام النهايات، كانت تسمى فلسطين، صارت تسمى فلسطين، سيدتي استحق لانك سيدتي، استحق الحياة.
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