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Poèmes

La terre nous est étroite



La terre nous est étroite. Elle nous accule dans le dernier défilé et nous nous dévêtons de nos membres pour passer.

Et la terre nous pressure. Que ne sommes-nous son blé, pour mourir et ressusciter. Que n'est-elle notre mère

Pour compatir avec nous. Que ne sommes-nous les images des rochers que notre rêve portera,

Miroirs. Nous avons vu les visages de ceux que le dernier parmi nous tuera dans la dernière défense de l'âme.

Nous avons pleuré la fête de leurs enfants et nous avons les visages de ceux qui précipiteront nos enfants

Par les fenêtres de cet espace dernier, miroirs polis par notre étoile.

Où irons-nous, après l'ultime frontière? Où partent les oiseaux, après le dernier

Ciel? Où s'endorment les plantes, après le dernier vent? Nous écrirons nos noms avec la vapeur

Carmine, nous trancherons la main au chant afin que notre chair le complète.

Ici, nous mourrons. Ici, dans le dernier défilé. Ici ou ici, et un olivier montera de Notre sang.


lundi 5 janvier 2009
02:02

Auteur : Mahmoud Darwish

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Poèmes

LES ENFANTS DE GAZA



Je pleure la Palestine

Les enfants de Gaza et de Jénine

Que chaque jour on assassine

Oui c'est en Palestine

Que fleurissent les linceuls

Et mon coeur est en deuil



On tue les enfants de la pierre

Et Je suis très en colère

Qui assassine les enfants de Bagdad ?

C'est la CIA et le MOSSAD

Dieu que le monde est maussade

Les américains donnent leur bénédiction

Leurs armes, des munitions et leurs avions

Aux sionistes pour tuer des enfants

des vieillards, des femmes, des innocents

A condition qu'ils soient musulmans



C'est tout un peuple qu'ils affament

Avec ses enfants et ses femmes

Les sionistes sont des êtres infâmes

C'est Gaza qu'ils privent de soins

Et dont ils tuent les médecins

Chaque jour ils les bombardent

Même les vieux, les morts et les malades




lundi 5 janvier 2009
02:01

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Poèmes

Aux enfants palestiniens assassinés



C’était quelques jours après Noël

Une page de journal dans les chiottes

D’un monde qui sent comme Gomorrhe

Les ordures la bonne nourriture

Un article écrit par un homme

Aux mains recouvertes de cendres

Nous lançait à la face l’imposture

Quand les bonnes consciences racontent

Que la paix allume ses loupiotes

A cette époque où on suspend aux branches

Des vergers des paroles de bonté

Un homme seul comme Camus l’était

Quand l’Espagne de Franco fêtait

La bonne naissance des peuples rois

Un type qui voit les chardons en pleurs

Fleurir dans les yeux déjà flous

Des enfants d’un peuple très ancien

Dépose sur leurs paupières des mots

Légers un homme qui ne peut rien

Faire d’autre qu’écrire la honte

Des laquais bavards aux pattes blanches

" Et demain je lirai dans vos journaux… "

C’était quelques jours après Noël

Les peuples rois gavés fêtaient

Chaque année dans les bonnes maisons

Autour de toute la terre celles

Où les coupes d’or sont remplies

A ras bord des yeux des mômes morts

Qui nous regardent comme Genet

Dans les pupilles de Chatila

Pétillant de milliers de feux follets

Qui montent flammèches nous montrent

Du doigt et errent autour de leur terre

Natale et les yeux de nacre de l’homme

Seul aussi l’homme qui écrit

Des mots inutiles comme ceux

De Garcia Lorca des bulles de vent

Qui montent des lèvres de paille sèche

Des enfants des peuples nègres

Des peuples nus comme les ailes

Des oiseaux de l’hiver couvertes

De cristaux de givre couleur de sang

Les ailes coupées des oiseaux montent

Montent avec le cri criblé de plomb

Dans la gorge des enfants remplie

A ras bord de peur et d’amandes

Au lait doux ruisseau de la douleur

Que nous portons dans nos outres amères

C’était quelques jours après Noël

Une page de journal éclaire

Un monde qui pue comme les chiottes

De Gomorrhe Les peuples rois

Echangent à Rafah les bonnes clefs

Du trésor de guerre alors qu’au milieu

Des ordures des flaques où s’allument

Les bougies du camp de Khan Younis

On ne cuit plus le pain ni le mouton

Alors qu’on entend l’horizon mugir

Ibrahim attend de grandir il dort

Ibrahim va devenir le poète

D’un peuple très ancien qui n’a plus rien

Que la sépulture de plumes blanches

Du premier Indien pour couvrir ses morts

Avec les ailes des oiseaux coupés


lundi 5 janvier 2009
01:51

Auteur : A Ibrahim

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Poèmes

En pensant aux enfants de Gaza لاطفال غزة



Il y a sur cette terre
Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : les hésitations d’avril, l’odeur du pain à l’aube, les opinions d’une femme sur les hommes, les écrits d’Eschyle, les débuts d’un amour, de l’herbe sur des pierres, des mères se tenant debout sur la ligne d’une flûte et la peur qu’éprouvent les conquérants du souvenir.

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre, la fin de septembre, une dame qui franchit la quarantaine avec tous ses fruits, l’heure de la promenade au soleil en prison, un nuage mimant une nuée de créatures, les ovations d’un peuple pour ceux qui montent à la mort souriants et la peur qu’ont les tyrans des chansons.

Il y a sur cette terre ce qui mérite de vivre : il y a sur cette terre, le commencement des commencements, la fin des fins, On l’appelait Palestine et on l’appelle désormais Palestine. Madame je mérite, parce que vous êtes ma dame, je mérite de vivre.
على هذه الارض

على هذه الارض ما يستحق الحياة : تردد ابريل، رائحة الخبز في الفجر، آراء امراة في الرجال، كتابات اسخيليوس، اول الحب ، عشب على حجر ، امهات تقفن على خيط ناي وخوف الغزاة من الذكريات.

على هذه الارض ما يستحق الحياة : نهاية ايلول، سيدة تدخل الاربعين بكامل مشمشها، ساعة الشمس في السجن، غيم يقلد سربا من الكائنات، هتافات شعب لمن يصعدون الى حتفهم باسمين، وخوف الطغاة من الاغنيات.

على هذه الارض ما يستحق الحياة : على هذه الارض سيدة الارض، ام البدايات، ام النهايات، كانت تسمى فلسطين، صارت تسمى فلسطين، سيدتي استحق لانك سيدتي، استحق الحياة.

lundi 5 janvier 2009
01:47

Auteur : Mahmoud Darwich traduction de Jalel El Gharbi

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Poèmes

lilou



jeudi 1 janvier 2009
07:41

Auteur : ma belle Lilou

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Blog mis à jour le 08/01/2009 à 18:20:02



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